Incendie à Gandrange : le réseau d'eau contre les feux était en maintenance, des failles de sécurité révélées

Une semaine après l'incendie de l'entrepôt Seveso de Gandrange en Moselle, la préfecture et la DREAL constatent que le réseau d'eau de protection incendie était en maintenance et que le système d'extinction automatique ne s'est pas déclenché. Une enquête administrative a été ouverte.

Une semaine après l'incendie qui a touché un entrepôt de la société Safe (filiale de Suez), classé Seveso seuil bas, à Gandrange en Moselle, de nouvelles informations mettent en cause la sécurité incendie du site. Selon la préfecture et les premières constatations de la DREAL, le réseau d'eau de protection contre l'incendie était en maintenance au moment du sinistre et le système d'extinction automatique ne s'est pas déclenché. Une enquête administrative a été ouverte.

Le système d'extinction ne s'est pas déclenché

Un reportage diffusé par France 2 le jeudi 6 août revient sur les conditions dans lesquelles l'incendie s'est déclaré, dimanche 2 août, dans cet entrepôt de la zone industrielle de Gandrange. Selon la préfecture de la Moselle, l'approvisionnement en eau du site avait été coupé ce week-end pour des travaux de maintenance. « Le système de sécurité incendie n'était donc pas fonctionnel », résume la préfecture, citée par le reportage. Il n'y a eu ni extinction automatique des premières étincelles, ni eau disponible dans les bornes à incendie.

Le secrétaire général de la préfecture de la Moselle et sous-préfet de Metz, Jérôme Seguy, explique : « Le fonctionnement optimal du système de défense incendie, s'il y a des fumées qui sont détectées, les buses au plafond se déclenchent et éteignent ce qui est allumé. Le fait est que ça ne s'est pas déclenché. »

Une inspection de la DREAL et une enquête administrative

Au début de la semaine, des agents de la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) se sont rendus sur place pour mener une inspection. Si ses résultats ne sont pas encore connus, les services de l'État ont établi une première constatation, révélée par Le Républicain Lorrain : le système d'arrosage n'aurait pas fonctionné et le réseau d'eau, servant notamment à la protection incendie, était en maintenance.

Une enquête administrative a par ailleurs été ouverte. À ce stade, les causes de l'incendie n'ont pas été officiellement établies et aucun lien n'est confirmé entre l'état de l'installation et l'origine du sinistre.

Des anomalies déjà signalées en septembre 2025

La sécurité incendie du site avait déjà été pointée du doigt dans un rapport des services de l'État. En septembre 2025, celui-ci faisait état d'extincteurs manquants et demandait des justificatifs à Suez. Des anomalies dans le système d'extinction incendie devaient être corrigées dans les trois mois. La DREAL avait alors émis des observations, mais aucune mise en demeure. Le même rapport relevait des « manques et incohérences » dans l'organisation fonctionnelle de la société, chargée de recycler des déchets industriels, liquides et solides.

Le jeudi 6 août au soir, l'entreprise affirmait que ses équipements avaient été mis en conformité. Le site devait être contrôlé le mois suivant pour le vérifier.

« Ça compliquait le travail des pompiers »

L'absence d'eau sur place a retardé l'intervention des secours, mobilisés en nombre dimanche. Nadine Metzinger, première adjointe au maire de Gandrange, témoigne : « Ça compliquait le travail des pompiers. Je pense, à titre personnel, que l'incendie aurait pu être éteint plus rapidement. »

Pour rappel, trois personnes ont été blessées lors de l'incendie : deux sapeurs-pompiers et un employé d'astreinte ce jour-là.

Des riverains pas rassurés, en attente des analyses

Certains habitants de la vallée de l'Orne, où près de 30 000 personnes avaient été appelées à se confiner, ont le sentiment d'avoir frôlé la catastrophe et ne sont pas rassurés par les recommandations de la préfecture, qui déconseille de consommer le produit des potagers. Cyrille Villemin, habitant de Vitry-sur-Orne, confie : « On ne doit pas consommer de fruits ou de légumes, ça fait penser à Tchernobyl. »

D'autres riverains disent ne pas avoir reçu l'alerte, alors que le dispositif FR-Alert avait été activé. La préfecture indique attendre le résultat de nouvelles analyses de l'air, des sols et de l'eau avant de lever ses recommandations.

Retrouvez les éléments connus du sinistre dans notre point de situation du 2 août. Cet événement rappelle que le risque industriel fait partie des risques territoriaux suivis en région Grand Est.


Point de situation publié le 9 août 2026 à 13 h 00. Sources : Franceinfo, reportage France 2 et Le Dauphiné Libéré, d'après Le Républicain Lorrain · Diaginfo.