Niort reconnue en état de catastrophe naturelle après la sécheresse de 2025 : maisons fissurées, démarches à engager avant le 17 août

La commune de Niort, dans les Deux-Sèvres, est reconnue en état de catastrophe naturelle pour les mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols survenus en 2025. Les propriétaires de maisons fissurées doivent déclarer leur sinistre à leur assureur avant le 17 août 2026.

La commune de Niort est officiellement reconnue en état de catastrophe naturelle pour les dommages liés au retrait-gonflement des sols argileux survenus au cours de l'année 2025. Un arrêté ministériel du 10 juillet 2026, publié au Journal officiel le 17 juillet, ouvre la voie à l'indemnisation des propriétaires dont les maisons présentent des fissures. Les sinistrés disposent d'un délai de 30 jours, soit jusqu'au 17 août 2026, pour déclarer leur sinistre auprès de leur assureur.

Deux communes des Deux-Sèvres reconnues, deux demandes rejetées

Dans le département, l'arrêté reconnaît Niort et Saint-Maixent-de-Beugné en état de catastrophe naturelle au titre des mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols, pour la période du 1er janvier au 31 décembre 2025. Ce phénomène, lié à la présence de sols argileux qui se contractent pendant les épisodes de sécheresse puis gonflent lors des excès d'eau, est à l'origine de nombreuses maisons fissurées.

À l'inverse, les demandes déposées par Périgné (sécheresse 2025) et Nanteuil (inondations et coulées de boue de février 2026) ont été rejetées par la commission interministérielle, les conditions météorologiques n'ayant pas présenté un caractère suffisamment exceptionnel (période de retour inférieure à dix ans).

Un phénomène répandu à Niort et dans le département

Les fissures observées à Niort ne sont pas isolées. À l'échelle du département, ClimaScore recense 26 arrêtés de catastrophe naturelle pour la commune de Niort depuis 1982 et la classe en première position des 252 communes des Deux-Sèvres en matière d'exposition au risque, avec un niveau d'exposition « critique ». Au-delà du retrait-gonflement des argiles, classé à risque élevé, la commune est également exposée à une sismicité modérée, aux inondations et aux mouvements de terrain.

Dans le quartier de Sylvie Billy, locataire, les fissures concernent tout le lotissement : « Quand on se promène, on voit d'autres fissures sur des maisons », témoigne-t-elle auprès de France 3 Nouvelle-Aquitaine. Dans sa cuisine, une fissure apparue l'an dernier comme « un simple trait » s'est aggravée en un mois et demi ; elle redoute que les désordres ne s'amplifient avec les alternances de sécheresse et de fortes pluies annoncées. Marc Baudoin, propriétaire d'une maison construite il y a 40 ans, a découvert les premières fissures il y a cinq ans : « Elles vont toujours de plus en plus loin », constate-t-il. Une microfissure du salon, apparue il y a deux ans, occupe désormais une large partie du plafond et a gagné la cloison. Dans ce quartier, une maison resterait même inoccupée, faute de locataires.

Les démarches à effectuer avant le 17 août

Les propriétaires et locataires dont l'habitation a subi des fissures ou d'autres désordres liés au retrait-gonflement des argiles doivent, depuis le 17 juillet 2026, déclarer leur sinistre à leur assureur dans un délai de 30 jours. La déclaration doit être accompagnée d'un état descriptif des dommages et de photos, et il est recommandé de prendre des mesures conservatoires (comme la protection des zones fissurées) pour éviter l'aggravation des désordres.

L'assureur doit ensuite missionner un expert dans le mois suivant la déclaration, qui vérifiera notamment que les désordres mettent en cause la stabilité de l'ouvrage ou le rendent impropre à l'usage. Stéphane Piron, agent général d'assurances chez MMA à Niort, précise néanmoins les limites du dispositif : « Si l'expert définit que les fissures sont seulement esthétiques, qu'importe le décret, ça ne jouera pas ». Il tempère également les délais annoncés, les incendies en Gironde mobilisant actuellement de nombreux experts du bâtiment.

La garantie « catastrophes naturelles » est automatique dans les contrats d'assurance de dommages et financée par une taxe de 20 % prélevée sur ces contrats. Les assureurs s'attendent toutefois à une forte augmentation des demandes, dans un contexte où les phénomènes de retrait-gonflement deviennent plus fréquents. Stéphane Piron met en garde : « On parle même d'une maison sur deux, voire sur trois, qui pourrait demain s'affaisser ». Les primes actuelles, ajoute-t-il, ne compensent plus les dommages d'aujourd'hui, et les sinistres en cours laissent planer le risque d'une hausse de cette taxe.

Sécheresse record : un contexte déjà documenté

Cette reconnaissance intervient dans un été marqué par une sécheresse exceptionnelle des sols, déjà documentée par Diaginfo dans notre analyse du mois de juillet 2026, mois le plus chaud jamais mesuré en France. L'alternance de périodes de sécheresse intense et de fortes pluies accroît le risque de mouvements de terrain, y compris dans les départements moins connus pour ce phénomène.

Pour aller plus loin

Les sinistrés peuvent consulter le détail des risques sur leur commune via la page catastrophes naturelles de Diaginfo, ainsi que les informations de l'association des sinistrés de la sécheresse des Deux-Sèvres (ASSPB79). Les communes rejetées peuvent, de leur côté, exercer un recours dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision.


Point de situation du 9 août 2026, 1 h. Sources : France 3 Nouvelle-Aquitaine, Journal officiel (arrêté du 10 juillet 2026 publié le 17 juillet 2026), Ouest-France / Le Courrier de l'Ouest, E_Niort, ClimaScore. Par Diaginfo.